drapaux_francais.pngJe lis depuis un certains temps beaucoup d’article sur le déclassement occidental en matière de puissance militaire (et de puissance tout court). La maigreur de nos budgets de défense, alliée à une sophistication et des coûts toujours croissants en matière d’armement nous transforme peu à peu en armée d’échantillon. Et encore ce constat vaut pour les deux leaders en la matière en Europe que sont les Français et les Britanniques. Ailleurs c’est de l’échantillonnage allié à de la perte de pan entier de compétences et de matériel. On en est réduit à s’appuyer sur les moyens américains pour tout ce qui est des multiplicateurs de force (ravitailleurs en vol, satellites, transport stratégique, Awacs …)

Ce déclin est d’autant plus grave qu’il est à l’inverse du monde, où, du Moyen-Orient à l’Asie, c’est le réarmement qui prévaut avec une augmentation qualitative ET quantitative, et ce particulièrement dans le domaine navale et dans une moindre mesure aérien. Si les Etats-Unis sont encore la puissance dominante, eux aussi sont confrontés aux problèmes du nombre. Ils ont la technologie d’avance, mais ont de moins en moins les moyens d’avoir le nombre.

Ce déclassement, particulièrement visible en Europe, je le rapprocherais d’un autre phénomène, ou plutôt je dirais qu’il est accéléré par ce phénomène, c’est la disparition des militaires de la société française, non pas physiquement, mais « médiatiquement ».

Le corps des officiers était, au début du XXieme siècle, l’une des composantes de la société française. A ce titre il participait aux débats de la nation. Je pense que la défaite de 1940 lui a fait perdre son statut de référence sur les questions de défense, la défaite ayant montré clairement l’inaptitude des militaire de l’époque à comprendre les changements qui était intervenu dans l’art de la guerre. La défaite coloniale d’Indochine, mais aussi le putsch des généraux d’Alger, ont aussi beaucoup contribués à ce que la parole des militaires soit muselée. La fin de la conscription à achevé cet édifice, en supprimant le lien qu’une bonne partie de la nation avait avec son armée. Dès lors les militaires sont restés dans leurs casernes, invisibles pour la société. C’est à peine si parfois on en parle à l’occasion d’une mort, d’un accident ou d’une crise quelque part dans le monde.

La fin de guerre froide et la paix sur le continent européen durant depuis plus de 65 ans (tiens la Yougoslavie ne fait plus partie de l’Europe !) a convaincu les Européens qu’il n’y a plus guère de danger et que donc dépenser pour cela n’est, dans ces temps de crise, qu’une perte d’argent. Il n’y a qu’à voir la répartition des budgets de l’Etat Français. La défense arrive en 3ieme position avec 45 Md€ derrière la dette 90 Md€ et l’éducation pour 258 Md€.

Résultat, la défense et les intérêts de la Nation ne sont plus perçue par la société et les hommes qui la dirigent qu’à travers le prisme de l’économie et de la diplomatie. Certes ils sont primordiaux, mais tout se passe comme si la force, n’était plus un facteur d’influence, alors qu’il le reste manifestement dans le reste du monde.

Si l’on veut que cette perception change, avant qu’elle ne le fasse brutalement à notre détriment, il convient que nos officiers, militaires en retraites et autres chercheurs diffusent plus largement leur point de vue dans la société. Cela commence déjà avec des publications de très bon niveau, mais qui reste à mon sens assez confidentiel. L’armée devrait beaucoup plus encourager ses hommes à s’investir dans le débat public.

Tout en restant dans leur rôle, es militaires peuvent s’exprimer et communiquer sur leur métier, leur engagement au service de la Nation, mais aussi témoigner des réalités de ce monde.

Cela leur apporterait sans doute plus de reconnaissance qu’ils n’en n’ont actuellement, ce dont ils souffrent, mais aussi plus de prise en compte dans les débats qui ont lieu, notamment en ces temps pré-électoraux. Cela nous changerait pas mal du coté raz des pâquerettes des sujets actuellement abordés.

A vos plumes donc :)