amerique_en_armes.pngC’est sans doute un des premiers ouvrages « théoriques » que je lis depuis longtemps, en tout cas sur le domaine « militaire ». Autant vous le dire tout de suite j’ai adoré. Pour connaitre un peu les Etats-Unis, j’avoue avoir été saisie par la capacité de l’auteur à comprendre la mentalité américaine, et surtout à en expliquer les racines. J’ai retrouvé ce que je savais, mais cela m’a permis de mieux la comprendre et de la remettre dans son contexte.

Le livre a été publié quelques mois après le 11 septembre, et c’est tant mieux, car avec le recul, on voit a quelle point l’analyse de M. Desportes est juste. Il est fascinant de voir a quel point les évènements qui ont suivi depuis se calque sur son analyse. La guerre en Irak, la manipulation des média sur les armes de destructions massives, la mise en œuvre de la torture…, tout cela prend une place logique lorsque l’on a compris comment fonctionne les Etats-Unis.

Les schémas de fonctionnement de ce pays que j’apprécie au plus haut point, y sont décortiqués, analysés avec des points importants qui se dégagent La tendance Jominiène de L’armée US, les relations politique/militaire, la notion morale de la guerre chez les américains, leur fascination pour la technologie et la sacralisation de la vie. Tout cela prend une place compréhensible. Cela ne signifie pas que je les approuve, mais les comprendre permet sans aucun doute d’éviter les malentendus, et pourquoi pas mieux appréhender leur pensée, pour mieux les contourner. Il est d’ailleurs frappant de constater les différences de points de vue qui peuvent exister entre eux et nous, européens.

Le livre a parfois tendance à se répéter, mais c’est un réel plaisir à lire, et je le recommande chaudement. Même pour ceux qui ne sont pas intéressé par les problématiques militaires/géopolitiques, le premier chapitre est véritablement essentiel pour comprendre les américains. Rien que pour cela le livre en vaut la peine. Si j’osais, je dirais presque que l’auteur devrait le proposer libre de droit (le premier chapitre) sur le net. Il permettrait peut-être de réduire quelque peu le fossé d’incompréhension qui sépare les européens des américains. L’écriture de l’équivalent sur le mode de pensé européen (si tant est qu’il existe) serait d’ailleurs aussi intéressant et instructif pour nos « cousins » d’outre-Atlantique. Avis aux amateurs…