sarkozy.pngCela fait plus d’un mois que je désirais publier un post sur la composante aéroporté de la dissuasion nucléaire. A force de le repousser pour cause de manque de temps, le sujet a été brillamment abordé par J. Henrotin dans son blog. Je suis sur la même ligne que lui, à savoir qu’en ces temps de vaches maigres budgétaires, sacrifier cet outil ne nuirait pas forcement à notre crédibilité, mais permettrait (peut-être) de dégager des économies pour d’autres programmes.

Ce n’est pas le choix qui a été fait et je le regrette. Apparemment la volonté de réforme affichée par le pouvoir politique semble avoir une logique que je peine à comprendre.

J’avais aussi dit que je ne trouvais pas cohérent de construire une second PA si c’était pour diminuer le nombre de frégates. Mais si on en arrive à faire les deux (pas de PA2 et 11 Fremm au lieu de 17) alors là c’est le pompon (de marin :-/ )

Plus sérieusement, j’attends du président de la république qu’il annonce clairement que la vocation de la France n’est plus d’intervenir sur la scène mondiale, et que l’on va se contenté d’un rôle similaire à celui de la Belgique, vu que notre armée va bientôt être comparable !

Alors quoi, on va dire 30 000 hommes projetables, 200 avions de combat et 20 bâtiments de guerre, on va faire rigoler du monde croyez moi. Ce n’est plus la 5 ou 7ième place que l’on vise mais la quinzième ou la vingtième. Cela ne me dérange pas, mais il faudrait le dire à nos concitoyens pour que les choses soient claires. Non que cela les intéresse, ils s’en moquent au moins autant que notre président qui ne cache pas son manque d’attrait pour la chose militaire. Au moins on pourra toujours dire, je vous l’avais bien dit. Maigre consolation inutile !

A au fait la prochaine fois que l’on voudra faire les malins en accompagnant des convois du PAM, ou que l’on voudra libérer des otages sur un voilier, hé bien, on ne pourra pas, mais ce n’est pas grave n’est-ce pas ?

On a d’une part un président qui n’arrête pas d’envoyer nos soldats, marins et aviateurs aux quatre coins du monde, et en même temps une diminution drastique des moyen consacré aux armées (pas de PA2, moins de frégates, moins d’hommes et d’avions…) il faut que l’on m’explique, je suis un peu perdu.

J’ai déjà dit que je comprenais que les moyens budgétaires étaient limités, je sais qu’il faut faire des choix douloureux, mais là cela devient du n’importe quoi. Finalement je comprends peut-être pourquoi certains dans la commission du livre blanc ont porté des options encore plus minimalistes (15 000 hommes projetables), peut-être pour assumer pleinement et clairement notre nouveau rôle de non puissance.

Ces choix budgétaires montrent clairement que la France fait le choix du repli sur soi, à un moment où l’état du monde nécessiterais d’aller vers l’extérieur. Ce choix m’attriste, mais peut-on demander à des hommes politiques qui n’ont qu’une vision de la France en France d’avoir une vision de la France dans le Monde, sans doute pas !