soldat_francais.pngCela vous semblera sans doute bizarre, mais je trouve enfin le temps d’écrire à nouveau sur mon blog, alors que je suis ….. en vacances ! Mis à part le fait que mon activité professionnelle a subit un gros pic, dont je ne vois pas encore la fin, j’avoue aussi que je manquais sans doute d’inspiration, alors à quoi bon ennuyer le monde ;)  Du reste, le retour à mes lecture et l’actualité me redonne le goût de l’écriture, alors allons-y gaiement !

J’avais fondé un certains nombres d’espoir sur nos nouveaux dirigeants, arrivée depuis l’élection présidentielle de mai 2007. Je ne peux pas encore dire que je suis déçu, mais je ne trouve pas que tout va dans la bonne direction.

Certes, il faut réformé, et l’institution militaire comme les autres. Le livre blanc va dans ce sens. Ceci étant dit, il ne faudrait pas que ce dernier ne soit que le paravent permettant de justifier une énième réduction de nos forces, à l’heure où il semble que les besoins n’aient jamais été aussi importants depuis la fin de la guerre froide.

Réduire le nombre d’implantation, pourquoi pas, cette notion de Base de Défense, n’est sans doute pas mauvaise, mais je me demande si elle ne va pas coûté plus qu’elle ne va économiser. Je suis entièrement d’accord avec le fait que l’armée n’est pas là pour faire de l’aménagement du territoire. Son rôle est de nous protéger, nous, notre territoire et nos intérêts. En cela, il est donc logique que l’on puisse réimplanter nos forces en fonction de nos impératifs de défense. Reste que passer de plusieurs centaines d’implantation à 90, risque de poser quelques problèmes de logement. Car même si l’on annonce une réduction des forces, il risque d’y avoir un peu d’embouteillage surtout pour l’armée de terre. Comment va-t-on loger un régiment de l’AdT dans une base aérienne qui n’a pas été conçu pour cela. Cela va demander des investissements conséquents qui risquent de supprimer les effets du regroupement pour longtemps. Cela pose donc question. Reste que cette question, n’est que d’ordre technique, et peut donc trouver une solution, sans doute par la vente des implantations abandonnées. On verra bien ce qu’il va advenir.

Mon plus gros sujet de préoccupation est plutôt la diminution drastique des forces qui semble se profiler. Là je crois qu’il faut tirer la sonnette d’alarme. Je trouve pour le moins étrange, au moment où nos forces sont éparpillées aux 4 coins du globe (plus de 33 000 en comptant ceux qui sont en Afrique), de vouloir réduire le nombre des hommes d’au moins 50 000. Certes, tous ne sont pas militaires, certes, tous ne vont pas partir tout de suite, mais quand même. Que l’on songe que les américains, anglais et autres membres de l’OTAN engagés en Afghanistan, ou en Irak disent qu’il faut plus d’hommes pour tenir le terrain, que la technologie et la RMA ne font pas tous, et nous tranquillement on réduit nos forces.

Faudrait savoir, comment peut-on tenir notre rang sans forces adéquates. Comment peut-on compter sans le nombre. C’est simple on ne comptera pas. Remarquez, ce n’est peut-être que le constat que de ce qui est déjà peut-être un fait. Quand on ne peut pas déployer plus de 6 chasseurs en Afghanistan, comment peut-on être pris aux sérieux par nos alliés.

Réduire nos forces n’est pas une manière de renforcer nos positions en sécurisant nos programme, c’est une manière de faire rentrer des ronds dans des carrés. C’est une vision comptable des choses, et qui plus est une vision à très court terme. Admettons que cela permette une gestion saine, en supprimant quelques programmes, et en réduisant nos forces, nous maintenons un ensemble cohérent, qu’arrivera-t-il quand les prochaines générations de matériel exploseront les budget, on réduira encore. Remarquez le seul avantage, c’est que comme cela lorsque, comme le disait Norman R. Augustine « en 2050, tout le budget du Pentagone servira a acheter un chasseur tactique qui servira 3 jours par semaine à l’USAF, 3 jours par semaine à l’US Navy et le dernier jour au Marines Corps », hé bien on aura tellement réduit les effectifs que l’on aura qu’un seul pilote pour cet avion !

Même si cela est exagéré, je ne pense pas que cette description des faits soit si éloignée que cela de la réalité. Les américains eux-mêmes en sont conscient. De 9 000 hélicoptères à la fin de la guerre froide, l’Army en a perdu 5 500, presque les deux tiers ! Et la liste est la même pour les autres armes. Que l’on songe en France. Dans les années 90, on nous expliquait que le seuil minimum pour les armées c’était en gros 450 avions de combats, 100 navires de guerre, et 1 000 chars. Je ne suis même pas sur que nous en sommes à la moitié actuellement. Alors même que nous n’avons jamais été aussi engagé à l’extérieur que depuis la fin de la guerre froide. A quoi tout cela rime-t-il ?

Quand est-ce que les politiques, et les citoyens de cette nation comprendront qu’une armée c’est comme une police d’assurance. Tout le monde râle pour la payer car elle ne sert à rien tant qu’il n’y a pas de sinistre. En revanche, une fois le sinistre arrivé, vous en pouvez plus revenir en arrière, c’est trop tard. Une armée c’est pareil, cela se construit et s’entretien sur la durée. Je regarde actuellement une série de documentaires sur Arte « The War » qui raconte d’une manière originale la seconde guerre mondiale. On se rend compte de la formidable mobilisation qu’il a fallut pour que les américains obtiennent une industrie de guerre et une armée digne de ce nom. Il leur a fallut au moins 2 ans pour obtenir ce résultat. Aurons-nous ce laps de temps pour le prochain conflit, qu’il soit majeur, « mineur », à nos portes où lointain, nul ne le sait, mais le fameux principe de précaution mis à toutes les sauces voudrait que l’on s’y prépare avec un peu plus de sérieux, et pas en essayant de juste tenir un budget. Une bonne gestion est nécessaire, car nos ressources sont limitées, et il faut donc tenir compte de cette réalité, il y a donc des réformes à engager, mais réformer ne veut pas forcement toujours dire réduire les forces et les programmes pour les faire coïncider avec nos besoins de réduction des déficits. On a balancé de l’argent par milliards ces derniers temps, et rien pour notre défense. A coté de cela on s’embarque dans un certains nombres d’opérations dont on ne voit pas forcement l’objectif, mais cela j’y reviendrait.

Faut-il réformer, bien sur, redistribuer les implantations militaires, oui encore, revoir les effectifs, pourquoi pas tant que l’on ne touche pas au combattants, ce qui ne sera pas le cas, mais ne pourrait-on pas augmenter aussi le budget, réexaminer tous les programmes et faire des choix ? Aujourd’hui j’ai l’impression que seule la logique de déflation ne prévaut au sein de notre exécutif, et j’ai peur que l’on se retrouve un jour dans la situation d’avoir une crise majeur et personne pour « assurer » cette crise.