Warning: is_file() [function.is-file]: open_basedir restriction in effect. File(/mnt/146/sdb/8/b/militaryblog/plugins/importExport/inc/flat/class.db.export.php) is not within the allowed path(s): (/mnt/115/sdb/8/b/militaryblog) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php on line 151

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/clearbricks/common/lib.http.php on line 249

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/clearbricks/common/lib.http.php on line 251

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/clearbricks/common/lib.http.php on line 251

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/clearbricks/common/lib.http.php on line 251

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/public/lib.urlhandlers.php on line 83

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/plugins/autoBackup/_define.php:151) in /mnt/115/sdb/8/b/militaryblog/inc/clearbricks/common/lib.http.php on line 274
Géopolitique - MilitaryBlog

mardi 22 juillet 2008

Bourbier Afghan ?

22 07 2008

bourbier_afghan.pngIl est étonnant de constater comment les situations évoluent en ce monde. Prenez l’Irak, nous somme passé de la campagne victorieuse et foudroyante de 2003 à un bourbier sans nom ou ont péri plus de 3 000 GI’s, des dizaines de milliers d’irakiens et combien d’autres encore. Tant d’hommes tombés, et l’hyper-puissance américaine avec. Et alors que tous le monde promettait une sortie de crise à la vietnamienne, retrait piteux des Etats-Unis de la région, voilà que le « Surge » combiné à un changement de stratégie américaine semble apporter une amélioration que peu de commentateurs imaginaient possible il y a encore un an. Rien n’est gagné, et il convient d’attendre pour voir si cette tendance se confirmera, mais les choses évoluent. Bien sur on n’en serait pas là si les américains n’avaient pas déclenché cette guerre blabla blablabla… je ne discuterais pas ici de ce qu’il aurait fallu faire ou ne pas faire. Nous vivons dans ce monde, qu’il nous plaise ou pas. On peut faire de notre mieux, mais passer son temps à ressasser ce que le passé aurait du être pour que le futur soit meilleur (et encore il faudrait être devin) est plus que stérile.

J’en viens maintenant à l’autre théâtre d’affrontements, j’ai nommé l’Afghanistan ou A-stan comme j’ai pu le lire. Une interview de Gérard Chaliand publié dans Le Monde (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/07/21/la-victoire-de-l-otan-en-afghanistan-est-impossible_1075405_3216.html) a suscité un grand nombre de réaction dans la blogosphère. Que l’on en juge par la liste des posts suivants que je vous invite à consulter (et auquel j’ajoute le mien :)

En rapportant l’article, certains se sont fait critique, notamment sur le faut que un de nos CDG, selon les Talibans (ndlr Centre De Gravité, pour sa définition je vous renvoi au débat entre O. Kempf, J. Henrotin et F. Duran) serait notre faible propension a accepter les pertes en vies humaines. Outre le fait que je ne pense pas que cette faiblesse soit si grande, je ne pense pas qu’elle soit un CDG. De ce que je vois, la théorie du 0 mort à quand même du plomb dans l'aile depuis le 11/09. Plus de 3000 morts en Irak sont passé par là, et il me semble que les Etats-Unis ont prouvé qu'ils pouvaient "encaisser" cela quand ils estiment que leur sécurité est en cause (quoi que l’on en pense par ailleurs).

François Duran, dans le même esprit bien posé le problème du moment opportun de la négociation. Nous sommes apparemment dans un statuquo ou personne ne semble pouvoir l’emporter. Les Taliban ne peuvent défaire l’OTAN et cette dernière ne peut les éliminer aussi, en tout cas pas avec les moyens dont elle dispose sur le terrain et il semble peu probable qu’elle obtienne ceux qui lui serait nécessaire. Le pessimisme de G. Chaliand est effectivement de mise, ce qui ne signifie pas que tout soit perdu. O. Kempf le dit très justement. La guerre, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est une affaire de VOLONTE, plus de moyens. Nous ne pourront peut-être pas gagner comme on l’entendait durant le second conflit mondial, mais on peut espérer atteindre des objectifs raisonnables comme bloquer le développement de l’islamisme radical, et l’empêcher de faire tomber le Pakistan avec ses bombes nucléaires, car cette données fait aussi partie de l’équation. A partir de là, et en position de force, nous pourrons alors négocier une sortie de ce conflit, encore faudra-t-il trouver des interlocuteurs, ce qui ne sera pas chose facile.

taliban.pngAinsi que je l’ai déjà exprimé, autant je pense que l’Irak fut une erreur, autant je pense que l’Afghanistan est aujourd’hui notre frontière sécuritaire externe. Se battre là-bas nous évitera de nous « battre » sur notre sol (sous forme d’attenta). Ne pas permettre qu’un état ou un non-état en l’occurrence ne serve de refuge et de phare pour tous les djihadistes du monde entier fait aussi parti des buts de guerre de ce conflit. Comment la communauté internationale, et les Etats-Unis en particulier pouvaient répondre aux attentas du 11 septembre ? Ne rien faire était impensable, surtout aux yeux des américains, n’envoyer que quelques missiles de croisière n’aurait servi à rien. Il ne restait donc que l’intervention.

Encore une fois, ce n’est pas forcement qu’un problème militaire, mais c’est plus un problème d’objectifs et donc de politique. Il n’y a pas de volonté politique claire sur ce que l’on veut faire là-bas. L’envoie de troupe et le déversement de montage d’argent dans des mains corrompus serve de politique qui n’en n’a que le nom. Quand nous auront fixés des objectifs, mis les moyens en face, alors nous pourront avancer dans la bonne direction et forcer à négocier « ceux d’en face ». Reste que pour le moment, tout cela n’est qu’un vœu pieu.

On touche là sans doute l’un des points faibles des coalitions de pays. On a plus de moyens, enfin, on peut en mettre moins puisque l’on est plusieurs, mais les décisions sont plus difficiles à prendre, car il faut obtenir un consensus entre les nations participantes. Déjà qu’à l’échelle d’un pays seul, il est difficile d’obtenir une politique claire, on voit ici la confusion que peu entrainer des directions multi-céphale.

mercredi 18 juin 2008

La place de la France dans le monde

18 06 2008

on_refait_le_monde.pngJ'écoutais ce soir l'émission "On refait le monde" sur RTL, et l'un des sujets des polémistes était les annonces faites par le président de la République sur les questions de défense. La réaction de l'un des intervenant, je crois que c'est Rodolphe Bosselut, était de dire qu'enfin on prenait acte du positionnement réel de la France sur l'échiquier mondial, sous-entendu, un rôle mineur, en tout cas bien moindre que celui qu'elle s'imagine et tente d'avoir depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il y a du vrai là-dedans, mais pas forcement au sens ou l'entendait M. Bosselut, en tout cas de mon point de vue.

Le rôle et la place d'un pays n'est pas nécessairement le résultat d'un classement automatique, genre xième puissance économique, nombre d'habitants ou autres critères quantifiables. Non son rôle et sa place sont essentiellement une question de volonté politique. Nous voulons, pour différentes raisons jouer un rôle dans le monde. Pour défendre des idées, pour promouvoir notre modèle de société, pour protéger, défendre et étendre nos intérêts. Au nom de quoi la France devrait se contenter d'un petit rôle, quand elle peut avoir mieux, de part son histoire, sa culture, ses idées, et ses intérêts. Remarquer que je n'ai pas parler de moyens, car ces moyens nous les avons, nous faisons juste le choix de les utiliser à autre choses, au demeurant très importante comme la protection sociale, l'éducation, la justice, ... C'est donc un choix et non une fatalité, comme on semble le penser. Je ne critique pas forcement ces choix d'ailleurs, car ils sont nécessaire pour la plus grande partie, en revanche je conteste de toutes mes forces l'affirmation selon laquelle la France étant un petit pays, elle doit donc rester à sa place et se recroqueviller sur elle-même, ce qu'est en train de faire le livre blanc.

snle.pngCar enfin, la France dans les années 60 n'était pas plus forte qu'aujourd'hui comparativement aux autres nations, elle s'est pourtant doté de l'arme atomique, ce que peu de pays ont réussi à faire, ce qui lui a permit une indépendance qu'elle n'aurait pas pu avoir sans cette option. Elle a aussi déployé des forces armées crédibles, à sa taille, mais crédible, et une diplomatie présente partout sur le globe pour faire valoir nos intérêts et nos idées. Etait-ce en rapport avec notre poids dans le monde, pas plus qu'aujourd'hui. La seule différence c'est que la volonté et la vision politique existait, là ou aujourd'hui elle tend à disparaitre.

Avoir des forces armées efficientes et suffisamment nombreuses permet une présence planétaire, ce que très peu de pays ont actuellement. Cela permet d'avoir en tout point du globe des hommes et des femmes prêtes à intervenir pour nous défendre (voir l'affaire du Ponant). Un pays comme l'Italie, l'Espagne ou l'Allemagne aurait-il pu en faire autant. Non ! Pas forcement pour une question de moyens, mais pour une question d'ambition. Nous avons une ambition mondiale, certes pas comparable à celle des Etats-Unis, mais beaucoup plus importante que tous nos voisins européens, à l'exception des Britanniques. Cette ambition nous amène à déployer nos forces et notre diplomatie sur toute les mers et continents du globe. Le corolaire de ces déploiements c'est que nous sommes prêts à toute éventualité, et que nous pouvons intervenir rapidement et avec les bons moyens comme nous le souhaitons et quand nous le souhaitons.

arc_de_triomphe.pngAu fur et à mesure du temps, nous avons laisser cette capacité s'effriter, au point qu'elle est très sérieusement menacé. Car en effet, le revers de la médaille, c'est que ce genre d'ambition demande des moyens financiers et humains important que la Nation, ou tout du moins ces dirigeants ne désirent plus donner. Alors on se donne bonne conscience en se disant que ce n'est qu'un juste retour des choses et une manière de se remettre soi-même à sa bonne place. Mais cette place n'est pas naturelle en soi, elle est le résultat d'un choix politique.

Pour finir, j'ajouterais un petit coup de gueule "clin d'oeil à l'émission" 8-) sur une autre intervention (Clara Dupont-Monod) affirmant que l'heure n'était plus au gros format d'armée et que la stratégie comptait plus que le nombre d'hommes. C'est vrai, mais a l'heure ou toutes les nations engagés au combat en Afghanistan ou en Irak font le constat que la technologie ne remplace pas forcement les hommes et que ce dont on manque le plus actuellement ce sont des fantassins, il me semble que cette remarque était malvenue. Quand on ne sait pas de quoi on parle, il vaut mieux ne rien dire. Les réductions d'effectifs, l'armée française les à déjà faite il y a10 ans lors de la suppression du service nationale. Le format actuel était bon (ou tout du moins un bon compromis). Le réduire encore va effectivement finir par nous reléguer au même rang que la Belgique ou la Hollande. Des matériels plus performant ne permettent pas forcement d'avoir plus avec moins. Car tout performant qu'il soit, un équipement ne possède pas le don d'ubiquité. Remplacer 3 aviso A69 avec une FREMM, donne peut-être un résultat positif sur le papier, mais cela ne permet pas à ce nouveau bâtiment d'être en même temps dans l'Atlantique, en Mer Rouge et dans l'Océan Indien, quand bien même son efficacité locale serait plus importante. Il est dommage que certain oublie ces quelques règles de bon sens.

lundi 28 avril 2008

Mais que va-t-on faire dans cette galère ?

28 04 2008

darfour.png

Imaginez un conflit au beau milieu de nulle part, loin des mers, sans infrastructures à même d’accueillir des forces, bref un vrai cauchemar logistique. Ajoutez ensuite, une faible capacité a envoyer davantage d’hommes vers un autre théâtre d’extérieur, quand on en a déjà déployé 35 000. Soupoudrez d’un manque total d’objectifs et de cohérence Versez dans un grand bol de dialectique militaro pseudo humanitaire (genre bobo qui se donne bonne conscience) Ajoutez un énooorme zest de vanité d’un ministre des affaires étrangères dont l’un des objectifs est de briller en société comme il l’a déjà fait pour un précédent fiasco en portant des sacs de riz. Un zest de réforme budgétaire où l’on nous annonce que l’on va supprimer des postes de militaires alors qu’on n’en a jamais autant déployé Remuez le tout dans quelques réunions de génération de force, où nos partenaires se demandent comment ne pas y aller sans froisser le nouveau président français et son sémillant ministre des affaires étrangères. Faîtes chauffer au soleil d’Afrique, et voilà, vous aurez la recette d’un fiasco programmé : l’opération européenne au Darfour.

Que l’on envoi des hommes se faire tuer, (et cela à déjà commencé avec le sergent Polin), juste pour satisfaire l’ego d’un homme qui s’imagine qu’une force militaire de l’autre coté de la frontière peut impressionné un pays comme le Soudan, soutenu par la Chine au deumerant, cela m’énerve. Oui, ce qui se passe au Darfour est sans aucun doute horrible, mais sans doute pas plus qu’en Birmanie, au Tibet, ou dans d’autre coin de la planète.

Nous n’avons pas assez de ressources, humaines, matérielles et financières pour nous lancer dans cet imbroglio, et puis pour y faire quoi. Protéger des populations et faire de l’humanitaire ? Est-ce là vraiment le rôle des armées ? Je ne le pense pas. Dans un an, durée de fixée de la mission, on en sera au même point, et on reconduira la mission, jusqu’à ce que nos partenaires se lassent et nous abandonnent ? jusqu’à ce que le gouvernement change ? , jusqu’à ce que le bon sens revienne chez nos hommes politiques (là faut pas rêver)…

J’aimerais que certains ne joue pas asssi facilement avec la vie des autres, car enfin que va-t-on faire là-bas ? Quels buts, quelles missions, quels résultats tangibles attend-t-on ?

Rien juste ce donner bonne conscience, dire que l’on fait quelque chose même si cela ne sert à rien ou à pas grand-chose. Belle consolation pour la famille du sergent Polin et les autres hommes qui vont sans doute laisser la vie pour une politique qui n’en n’a même pas le nom.

mardi 18 décembre 2007

Le redéploiement militaire américain dans le monde

18 12 2007

Vue sur le blog Theatrum Belli, lui-même recommandé par Théatre des opérations (merci au passage 8-) ), cette vidéo du dessous des cartes sur le redéploiement militaire américain. Un sujet intéressant, qui apparement date de novembre 2004. A visualiser donc

vendredi 07 septembre 2007

Les choix difficiles des Etats-Unis (4/4) - Le réarmement chinois et conclusion

7 09 2007

budget_militaire_chinois.pngSelon un rapport du département américain de la Défense, les dépenses militaires chinoises seraient trois fois plus importantes que le chiffre officiellement donné par Pékin. La Chine affirme que son budget militaire était de 24,5 milliards de dollars en 2004. Si le chiffre du ministère américain est exact, le budget chinois serait le plus important budget militaire d'Asie et le troisième du monde après celui des Etats-Unis et de la Russie. Rien que cela donne à réfléchir, mais les types d’armement et les compétences qu’elle cherche à acquérir sont aussi une bonne indication de sa stratégie. Elle met l’accent sur les SNA, mais elle ambitionne aussi de se doter d’un porte-avions et de grosse capacité amphibie. En ce qui concerne le porte-avions, elle a acheté l’ex porte-avions russe « Varyag » de manière détournée. Sa flotte de sous-marin fait aussi l’objet de toutes les attentions de la part des autorités. Elle gagne constamment en nombre et en puissance. Ces gains se font en achat auprès des russes et en développement interne. De même l’aviation chinoise se développe rapidement, en achetant, là encore, massivement aux russes . Enfin comment ne pas être inquiet face aux essais de missiles anti-satellite chinois récent. Cette technologie serait en effet cruciale en cas de conflit avec les Etats-Unis. C’est là, un des points faibles de la cuirasse américaine. Habitué à dépendre de sa très haute technologie, comment réagiraient-ils en cas de mise hors service de tout ou partie de leur satellite. Juste pour ce faire peur imaginz qu’une attaque surprise chinoise commence par la destruction simultanée d’une bonne partie des satellites militaires américain, plus l’attaque par des sous-marins des porte-avions croisant dans les parages de la mer de Chine, le tout en prélude à une invasion de Taiwan. Ok c’est surréaliste, mais pas si impossible que cela.

Un peu d’optimisme (enfin pas trop quand même)
Il y a tout de même quelques points encourageant dans cet horizon noir. Tout d’abord le matériel ne fait pas tout, comme de nombreux conflit l’on montré. La quantité et la qualité non plus. Tout cela ne vaut que par la compétence de ceux qui s’en serve. Dans ce domaine, acquérir des sous-marins et des porte-avions ne suffit pas. Ils faut du temps, beaucoup de temps pour transformer ces amas de ferraille en outils performant. La mauvaise nouvelle c’est que du temps, ils en ont. Ils ne sont pas pressé et sont très patient. L’autre point est la politique intérieur chinoise. Son ouverture sur le monde opéré grâce à son économie de marché, ouvre aussi les chinois au monde, ce qui pourrait à terme obliger la Chine à une plus grande libéralisation politique, du moins c’est ce qu’espèrent les occidentaux. Les grandes inégalités qui frappent cette nouvelle Chine sont aussi une puissante force de déstabilisation. Cela peut-être bon ou mauvais. Dans le cas ou cela n’est pas exploité par les dirigeants chinois, le chaos qui pourrait résulté de troubles sociaux pourrait mettre un frein aux ambitions chinoises, un peu comme la chute du mur de Berlin pour l’URSS. Dans le même temps, les chinois pourraient aussi voir dans un conflit militaire avec d’autres nations (pas forcement les Etats-Unis) un moyen de canaliser ces trouble et là ce serait plus problématique.

demographie_chinoise.pngLa démographie inquiétante de la Chine
Enfin la démographie de la Chine devrait aussi nous inquiéter et ce pour plusieurs raisons. La politique de l’enfant unique a causé beaucoup de ravage. Si elle peut s’expliquer par le besoin de maîtriser une démographie incontrôlable, elle a eu des effets pervers important. Le premier d’entre eux est de modifier le rapport homme/femme dans la société chinoise. En effet, les chinois en privilégiant les bébé males, ont plus d’hommes que de femmes dans leur société. Ceci pose bien sur des soucis aux jeunes hommes chinois que ne trouvent plus d’épouse, mais cela induit un autre phénomène beaucoup moins connu. Il a été établit qu’une société plus masculine avait tendance à être plus violente en générale, question de testostérones sans doute. Ceci est sans doute à rapprocher à la montée de la violence en tout genre en Chine, bien que cela ne soit sans doute et de loin le seul facteur, je ne pense pas qu’il faille le négligé pour autant. Qui dit société plus violent, dit société plus enclin à faire la guerre…. L’autre problème qui va à mon avis se poser aux Chinois c’est le vieillissement de leur population. Je vous accorde, que la diminution de la population chinoise ne fait sans doute partie des préoccupations des dirigeant chinois. Cela doit même être un effet recherché de la politique de l’enfant unique, et cela en sera la conséquence dans tout les cas. En revanche, avant que la population diminue, elle va vieillir, et là se pose le problème de la prise en charge de la population âgée par les actifs plus jeunes, mais moins nombreux. Cela pourrait aggraver les problèmes sociaux chinois et être un facteur de déstabilisation.

Conclusion
On le voit, les américains, porté par la pire présidence de leur histoire, se sont peut-être engagé vers la voie irrémédiable du déclin. C’est peut-être le sens de l’histoire. Aucun empire n’a maintenu son hégémonie dans le temps. Ce déclin n’est peut-être pas inévitable, mais il va falloir que le conflit en Irak cesse, afin que l’attention des Etats-Unis reviennent sur leurs vrais problèmes à savoir : Les iraniens au Moyen-Orient Les russes en Europe et en Asie Centrale Les Chinois en Asie et dans le Pacifique.

Et encore, il faudra aussi qu’ils arrivent à maintenir leur effort militaire qualitativement et surtout quantitativement. Sans doute seront-ils obligé de traiter et de s’allier avec nous (déjà fait ?) et les russes, et/ou les indiens. Mais cela c’est une autre histoire. Et nous européens, pauvre de nous, où sommes nous dans ce jeu ?

jeudi 06 septembre 2007

Les choix difficiles des Etats-Unis (3/4) - La Chine, futur adversaire des Etats-Unis

6 09 2007

militaire_chine.pngIl y a un grand paradoxe avec la Chine. Nous contribuons directement à sa montée en puissance. Par nos délocalisations, nos transferts de technologie, nous alimentons la machine économique et militaire qui pourrait bien nous briser les reins un jour. A titre d’exemple je ne comprends pas notre attitude qui consistait à défendre la lever de l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine. Les militaires américains savent qu’ils devront sans doute affronter la Chine un jour ou l’autre. Ils notent année après année l’amélioration qualitative et quantitative de l’APL (Armée Populaire de Libération). Ils s’en servent d’ailleurs pour obtenir plus de fonds du Congrès de la même manière qu’ils exagéraient (délibérément ?) la puissance russe durant la guerre froide. Ceci étant dit, quels sont les buts que l’on deviner à la montée en puissance de la Chine. Après tout, c’est un grand pays et elle mérite sans doute de trouver sa place dans le concert des nations. Une place qui n’est sans doute pas évaluer à sa juste valeur actuellement. Cependant, il ne faut peut-être pas passer trop vite sur son système politique qui en fait ce qu’on appelle normalement une dictature ou un pays totalitaire. Ce n’est pas parce qu’ils ont libéraliser leur économie, que les chinois sont plus libre pour autant. Deux cibles apparaissent aujourd’hui pour les chinois. Taiwan et les îles Spratley. Commençons par ces dernières.

spratley.pngLes îles Spratley
Les Îles Spratley sont un archipel de petites îles coralliennes inhabitées situées en Mer de Chine méridionale. Elles sont constituées d'une centaine d'îlots coralliens inhabités et de récifs répartis sur une zone de 500 km de long sur 400 de large. Ces îles ont un statut assez complexes car elles sont revendiquées par le Vietnam, la Chine, Taiwan, la Malaisie, les Philippines et Brunei. La Chine a cependant installé 450 soldats sur 9 îles (De même une centaine de Malaisiens, une centaine de Philippins et environ 1500 Vietnamiens qui occupent 21 îles). Pour le moment c’est le statut quo qui prédomine, mais les marines chinoises et vietnamiennes se sont quand même affrontées pour le contrôle de ces îles à la suite du conflit sur les îles Paracel. L’objet de ces convoitises est, outre leur position stratégique sur les routes commerciales asiatique est la présence supposée d’énormes gisements de pétrole. Le développement des capacités de la marine chinoise est à mettre en regard non seulement de sa volonté de reprendre le contrôle de Taiwan, mais aussi d’étendre son influence sur toute l’Asie. Cependant, dans le cas qui nous occupe, ces îles ne sont pas vraiment dans le champ d’influence américain. Cela permet juste d’entrevoir la volonté d’expansion de l’influence chinoise.

taiwan.pngTaiwan
Comme chacun le sait, Taiwan est née du repli du gouvernement nationaliste chinois après sa défaite face aux communistes en 1949. La Chine continentale a toujours considéré que cette île faisait partie intégrante de son territoire. De fait l’île n’a jamais déclaré son indépendance, même si elle a évolué indépendamment du continent. Elle est aujourd’hui une puissance économique importante, et une démocratie, ce que n’est pas encore la Chine continentale. Il est d’ailleurs assez frappant de voir le lobbying forcené que mène la Chine afin de dénier tout reconnaissance diplomatique d’un pays avec Taiwan, allant jusqu’à la rupture diplomatique avec le dit pays. De fait, peu de pays ont une ambassade sur l’île, y compris les Etats-Unis qui se contente d’une représentation. Cela ne les a cependant pas empêché d’aider généreusement l’île au nom de son anticommunisme durant la guerre froide. De même les Etats-Unis sont prêt à offrir une aide militaire à Taiwan, par le Taiwan Relations Act , signé en 1979, qui prévoit une protection absolue de l'île en cas d'attaque de Pékin, et s'engage à fournir une aide militaire comparable à celle offerte à Israël.

Il semblerait que l’objectif à plus ou moins long terme de la Chine est d’établir son hégémonie dans tout le Pacifique en englobant le Japon et l’Australie . Cela implique d’éliminer l’influence américaine, ce qu’apparemment compris l’administration Bush lorsqu’elle a qualifié la Chine non pas de "partenaire stratégique" mais de "concurrent stratégique". Bien sur les dirigeant chinois préfèrerais que cette évolution se fasse dans la paix, mais ils ne redoute pas un conflit pour peu qu’ils y soient préparé. Et là on voit apparaître le pire cauchemar du pentagone avec une Chine puissance et conquérante en Asie, et une Europe atone bloqué ou alliée à la Russie. Voilà pourquoi l’Irak est selon moi si important. Il assèche les moyens des Etats-Unis de se préparer au vrai défi de demain. Oublier l’Iran, ce ne sont que des petits joueurs comparés aux chinois.

C’est pour cela qu’une bonne partie du réarmement de la Chine est concentrée sur sa marine et son armée de l’air. Dans le cas de la marine, elle s’équipe massivement en sous-marin et chaque génération est meilleure que la précédente. Leur objectif, verrouiller le détroit de Taiwan afin d’en interdire l’usage aux porte-avions américains. Et il faut bien avouer que ce n’est sans doute pas le meilleur endroit pour un porte-avions US. Les côtes chinoise ne sont pas loin, et donc pas besoin de porte-avions pour eux. Tout bâtiment dans cette zone est à portée des missiles et des avions chinois basés à terre.

mercredi 05 septembre 2007

Les choix difficiles des Etats-Unis (2/4) – L’Irak

5 09 2007

bourbier_irakien.pngPeu de gens, en dehors peut-être à la Maison Blanche pensent encore que ce conflit peut-être gagné d’une quelconque façon. Je ne suis même pas sur que les USA puissent s’en sortir sans perdre la face. Leur situation ressemble de plus en plus à la fin de la guerre du Vietnam, … en pire. Pourquoi en pire ? Parce que leur retrait ne va pas laisser le champ libre au peuple irakien pour reprendre le contrôle de leur pays comme à la fin de la guerre du Vietnam. Leur retrait va laisser le champ lire à l’un de leur pire ennemi, celui qu’il combatte depuis presque 30 ans : l’Iran. Et avec l’Irak qui tombe dans l’escarcelle de l’Iran, c’est toute la péninsule arabique et les formidable ressources énergétique qui peuvent tomber entre de mauvaise mains. Avec à la clé plus de puissance pour l’Iran et donc plus de moyens pour s’armer et développer son programme nucléaire. Aujourd’hui les Etats-Unis sont englué dans un conflit dont personne ne perçoit l’issue, en tout aucune favorable pour les Etats-Unis. Aujourd’hui 3 alternatives s’offrent aux Etats-Unis.

Le statut quo
La première qui est celle poursuivie par l’administration américaine est le statut quo. En gros on reste, et on essaye de pacifier l’Irak tout en essayant de transférer la gestion du pays à un gouvernement irakien malléable. On ne sait pas combien de temps cela prendra, mais personne ne pense aujourd’hui que cela peut marcher. Au mieux cela ne durera que le temps qu’il reste à l’administration Bush, c'est-à-dire 18 mois.

Le retrait rapide
La seconde est un retrait inconditionnel et rapide (enfin 3 à 6 mois, parce que l’on ne déplace pas 150 000 militaires d’un coup de baguette magique). Le problème c’est ou aller ? Probablement au Koweït afin de conserver une présence miliaire, et peut-être dissuasive dans la région. Un peu comme cela existe en Corée du Sud. L’autre souci, c’est qu’un retrait rapide risque de laisser des zones de plus en plus grandes avec de moins en moins d’hommes, avec à la clé des pertes plus importantes pour les forces US. Car il ne faut pas croire que les guérillas locales vont les regarder partir gentiment. Trop content de s’offrir des cartons en clamant leur victoire, cela risque d’être un bain de sang, comme la chute de Saigon. Le dernier soucis de cette manœuvre c’est fait clairement apparaître les américains comme les perdants, et moralement pour eux comme pour nous occidentaux, ce n’est pas très bon. Ils enverront un signal aux terroristes de tout poils qu’il est possible de vaincre les pays occidentaux. Dans la même veine, j’ai trouvé le retrait des troupes espagnoles, et celui à venir des troupes sud-coréenne (en Afghanistan) affligeant. Qu’on ne se méprenne pas, je pense profondément que c’était une erreur d’y aller. En revanche, je suis persuadé que c’était une faute stratégique colossale de se retirer après les attentas de Madrid ou l’enlèvement des ressortissants sud-coréens. En gros, on envoi le signal aux terroristes que s’ils frappent un grand coup, ils peuvent briser notre volonté. Et cela ce n’est vraiment pas une bonne idée. Il avait à moins avis des moyens plus intelligent d’en arriver au même résultat, mais sans cette relation de cause à effet. En plus de cela, il ne faut pas oublier que le vide pourrait être comblé par l’Iran, ce qui aggraverait encore plus la situation qu’elle ne l’est actuellement. Comment réagiraient alors l’Arabie Saoudite, et la Turquie ? Mystère. Cela reste cependant le seul point positif de cette situation. La Turquie, fait pesé un risque sur le flanc nord de l’Iran, et sans savoir quelle serait sa réaction, l’Iran peut-être tenté de temporiser.

striker_irak.pngLe retrait vers des bases en Irak
C’est la troisième option évoquée. La création de base US sur le sol irakien, au milieu de zone désertique et peu habitée. Les américains se retirerait des villes et se retrancheraient dans ces « forts ». L’avantage de cette solution est de laisser sur place des forces américaines qui seraient à même de contenir les velléité de puissance de l’Iran. Cela parait séduisant sur le papier, mais pas sur que cela soit possible. Imaginez un pays plongé dans le chaos le plus total et les américains tranquillement dans leurs forts regardant les irakiens mourir. C’est sans doute aujourd’hui la solution la plus acceptable pour les USA, reste à savoir si elle peut tenir dans le temps, que faire si les irakiens demandaient aux américains de partir ?

La montée en puissance des adversaires
Ainsi que je l’ai déjà dit, la faiblesse des américains conjugué aux bonnes performances économiques d’autres permet à d’autre pays d’émerger sur la scène internationale. On peut juger que le monde unipolaire américain est une mauvaise chose, mais il n’en reste pas moins que les quelques pays qui émergent ne nous sont pas forcement très favorable. A tout choisir je préfère les Etats-Unis comme leader que les russes ou les chinois, c’et mon choix comme on dit. Je ne reviendrais pas sur les russes, car j’ai déjà évoqué ce sur lors d’un précédent billet. De même, il me semble que l’Inde est moins un problème à terme que la Chine et c’est donc sur elle que je vais me concentrer lors de mes prochains articles.

mardi 04 septembre 2007

Les choix difficiles des Etats-Unis (1/4) – Diagnostique et Afghanistan

4 09 2007

usa.pngJ’ai commencé la rédaction de cet article en voulant faire le tour des options et des choix qui se présentaient devant les Etats-Unis. Il se trouve que cette réflexion m’a amené plus loin que je ne le pensais, et la longueur de l’article s’est fortement allongée. Il m’a donc semblé plus intéressant de le fractionner en plusieurs morceaux et d’approfondir chaque morceau. Vous allez donc avoir des articles qui vont s’enchaîner les uns aux autres.

Diagnostique docteur ….
Ok on peut toujours pleurer sur les conséquences des actes des Etats-Unis. On peut dire et redire que la guerre en Irak a été est une erreur que je qualifie de stratégique pour les Etats-Unis et pour le monde occidentale en générale. Mais mis à part ouvrir une usine de Kleenex, continuer à se lamenter ne va pas faire changer le monde d’un coup de baguette magique.

Le constat
Quels problèmes se posent réellement aux Etats-Unis à l’heure actuelle ? Ils sont engagés dans deux conflits coûteux en hommes et en matériels. De plus ils ont réussi le tour de force assez incroyable d’avoir réduit à zéro le capital sympathie qu’il avait accumulé au lendemain du 11 septembre, et ce y compris chez certains de leurs alliés proches et traditionnels. En plus de cela, le chaos et la disparition de l’Irak en tant qu’état viable crée un vide important au moyen-orient. La nature ayant horreur du vide, c’est aujourd’hui l’Iran qui se retrouve ne position de force. Dans le même temps ce pays s’est doté d’un président pour le moins extrémiste dans ces propos, tout en poursuivant un programme nucléaire dont l’objectif civil officiel n’est crédible pour aucun observateur. Ajouter a cela la montée en puissance de la Chine, de l’Inde et de la Russie pour cause de bonne santé économique et chacun de leur coté grignote méthodiquement mais sûrement la puissance américaine.

Nous avons donc une Amérique affaiblie moralement, usée par des conflits qui la paralysent, et des adversaires qui montent en puissance tout en essayant de combler le vide laisser par les Etats-Unis occupés ailleurs. Mais prenons les problèmes les uns après les autres.

soldat_us_afghanistan.pngL’Afghanistan
Après une période de replis, les talibans reprennent du terrain. D’une opération de pacification et de (re) construction de l’état afghan, on est passé à un conflit qui ne dit pas son nom et dont l’intensité croit régulièrement. Il n’y a qu’à voir les combats violents qui ont opposé les britanniques ou les canadiens aux talibans. Ce conflit peut-il être gagné ? Pas certain, car s’il est moins « difficile » que ne l’est l’Irak, il n’est aujourd’hui pas possible aux USA d’augmenter leurs effectifs sur place. Ils fonctionnent déjà quasiment à flux tendu, il est donc improbable, sauf retrait américain d’Irak que cela se produise. Reste les Européens, mais là encore on s’aperçoit que nous sommes bien frileux pour nous engager dans ce conflit. Le paradoxe, c’est qu’il me semble que militairement la situation pourrait être renversée si on y mettait les moyens. En effet, les affrontements interethniques ne semblent pas avoir dégénéré comme en Irak, et de plus l’Iran semble plus occupé à déstabiliser son voisin occidental qu’oriental.

mercredi 22 août 2007

Les russes montrent à nouveau les dents

22 08 2007

tu-95.pngIl y a tout d'abord eu toute la saga du système anti-missiles américain avec l'installation d'une station radar en République Tchèque et de missiles en Pologne. Rien que pour cela, on eu droit a tout un tas de gesticulations de la part des russes avec une promesse de repointage des leurs têtes nucléaires vers nous (Europe et USA). Et puis il y a eu la reprise des vols de l'aviation stratégique russe, les incursions de plus en plus fréquentes des Tu-95 Bear russes dans le GIUK (Groenland-Islande-Royaume-uni) comme au bon vieux temps de la guerre froide. En plus de cela on voit le retour sur le devant de la scène de la marine russe (ici et ici). Ajouter à cela l'activisme en matière de production d'armement, les manoeuvres avec la Chine dans le cadre de l'OSC le missile tiré sur la Géorgie. Enfin pour compléter le tableau, on trouve de plus en plus d'article sur les raisons de l'activisme russe (ici et ici). Tout cela dresse un tableau que l'on croyait reléguer aux oubliettes de l'histoire.

Comment en est-on arrivée là. Plein de facteurs s'entrechoquent. Pour la Russie, il y a tout d'abord les prix élevés des matières premières gaz, pétrole, minerais qui dopent son économie en devises étrangères. Elle retrouve donc une partie des moyens de son ambition. Ensuite, elle a dépassée l'étape de l'effondrement du régime soviétique, et se relève donc. Bien sur il est assez douteux qu'elle retrouve le niveau de puissance de la défunte URSS, mais elle n'était clairement pas dans la position qui aurait du être la sienne. Ensuite, les incursions américaines de plus en plus fréquentes dans son pré carré (Géorgie, Serbie-Kosovo, Afghanistan, Ukraine), plus l'avancée vers l'Est de l'OTAN devenaient de plus en plus insupportable pour les Russes, se voyant encerclée de toute part.

Enfin, il y a la politique désastreuse des américains en Irak et dans une moindre mesure. J'emploie d'autant plus le mot désastreux, que leurs intérêts, quoique l'on puisse en penser, sont liés aux nôtres. Dit autrement, imaginez que la seule superpuissance ne soit pas les Etat-Unis, mais la Russie ou la Chine, ou que l'Iran fasse la loi au moyen-orien ! Croyez-vous vraiment que nous serions en bonne posture ?

Pourquoi je dis désastreux, hé bien parce que comme le dit très bien l'article de Stratfor les problèmes auxquels sont confrontés les USA les affaiblissent. En effet avec ces deux conflits, l'armée US, en particulier, l'armée de terre est presque au maximum de ces possibilités en terme d'effectif et de matériel. A cela s'ajoute le coût exorbitant de ces conflits, et l'usure rapide des matériels (et des hommes) engagées. Songez que les Etats-Unis dépense plus de 4% de PIB pour leur effort de défense quand les deux plus gros contributeurs en Europe que sont la France et la Grande-Bretagne n’arrivent même pas à 2%. En plus de cela, on ne voit pas vraiment quels sont les gains pour les Etats-Unis dans ces conflits. Si celui d'Afghanistan était plus une réponse sécuritaire, celui d'Irak fait plus penser à une sécurité énergétique ou à une présence dans une région stratégique. Sauf que tout à foirié, que rien n'avait été prévu pour l'après et que maintenant, on ne sait plus comment en sortir. Or que se passera-t-il si un acteur se rend compte de la faiblesse des USA et veut en profiter. Ils sont nombreux. Dans le désordre on peut citer la Russie qui reprend le contrôle de sa zone d'influence, ce qu'elle semble faire en ce moment, les Chinois qui envahissent Taiwan, ou qui prennent possession des îles Spratley, les Nords Coréens attaque la Corée du Sud, l'Iran attaque l'Irak. Ok tout cela est un peu délirant, mais regardez le tableau global, et vous verrez que la faiblesse dans laquelle se sont mis les USA, ouvre des perspective à d'autres acteurs. Comment pourraient-ils réagir efficacement, occupé qu'ils sont sur deux théatres d'opérations majeurs.

Du temps de la guerre froide l'ambition des USA était de pouvoir mener de front un conflit majeur (en Europe) et deux conflits mineurs. Aujourd'hui ils en en sont à deux moyens. Les moyens en effectifs et en matériel ont été plus que divisé par deux entre temps. Bien sur la qualité des matériels a été notablement améliorée, mais il y a quand même un moment ou la qualité ne suffit pas, le nombre est aussi important. Que l'on pense à l'Irak ou l'armée américaine est en train de revenir à ses fondamentaux, du matos simple, du blindage et des hommes.... Que l'on pense aux efforts actuels des chinois pour s'armer en masse et avec des technologies de plus en plus pointue. C'est à peine s'il cache qu'ils veulent avoir de bons sous-marins pour interdire l'accès au détroit de Taiwan aux porte-avions US. Ceci leur donnerait le champ libre pour une invasion de l'île. Imaginez la réaction aux USA, si un porte-avions était coulé en Mer de Chine...

Mais je m'égare, tout cet article pour dire que la bonne conjoncture pour la Russie et la mauvaise pour les Etats-Unis nous ramène quelques années en arrière. Affaire à suivre, car je crains que cela ne soit que le début. Soyons attentifs donc !